14 juin : Après-midi musical et spirituel

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Programme

Rétrospective du cycle

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Ouverture orgue : Henry Purcell(1659-1695) Absent pour raison de santé, Mgr André Dupleix fut présent grâce à l'enregistrement fait chez  les Petites Soeurs des Pauvres

Les artistes

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Saint Paul, 1 Cor 12, 4-13

 

 Il y a diversité de dons de la grâce, mais c'est le même Esprit ; Diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; Diversité de modes d'action, mais c'est le même Dieu qui, en tous, met tout en œuvre. À chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien de tous. À l'un, par l'Esprit, est donné un message de sagesse, à l'autre, un message de connaissance, selon le même Esprit ; à l'un, dans le même Esprit, c'est la foi ; à un autre, dans l'unique Esprit, ce sont des dons de guérison ; à tel autre, d'opérer des miracles, à tel autre, de prophétiser, à tel autre, de discerner les esprits, à tel autre encore, de parler en langues ; enfin à tel autre, de les interpréter. Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui le met en œuvre, accordant à chacun des dons personnels divers, comme il veut. En effet, prenons une comparaison : le corps est un, et pourtant il a plusieurs membres ; mais tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps : il en est de même du Christ. Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit.

 

 

Amazing Grâce - John Newton (1725- 1807) 

 

 

Amazing grace, how sweet the sound,      
That saved a wretch like me!                    
I once was lost but now I’m found,           
Was blind, but now, I see.
 
Grâce étonnante, au son si doux
Qui sauva le misérable que j'étais !
J'étais perdu mais je suis retrouvé,
J'étais aveugle, maintenant je vois.
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Le Christ principe d’unité. Yves de Montcheuil, Leçons sur le Christ, Paris, Éditions de l’Épi,1949, p.114 et 118                                                             

 

Saint Paul nous montre le Christ pénétrant tellement les chrétiens, qu’en eux les grandes divisions qui dans l’antiquité maintenaient brisée l’unité humaine sont surmontées, comme supprimées. Il y a désormais en eux quelque chose qui transcende l’humanité et crée l’union par-delà les différences. Les chrétiens sont un parce qu’ils forment un corps, et ils forment un corps parce qu’ils sont le corps du Christ, le corps dont le Christ est la tête. C’est donc bien lui qui est en eux le principe de cohésion ; ce lien tranché tout se disjoint, s’éparpille, comme un corps privé de vie se décompose et se dissout.[...]Mais le Christ est venu renverser tous les murs de séparation, les plus épais et les plus résistants, les inimitiés les plus tenaces, les haines les plus profondes pour faire de tous un même corps, dont les membres sont indispensables, dont aucun ne peut être atteint sans que y tous souffrent. Un monde reste étranger au Christ dans la mesure où il reste divisé. Nous voyons ainsi comment le Christ est au centre de l’histoire, non pas seulement parce qu’il vient inaugurer une œuvre définitive, mais parce que dans la durée du monde, c’est son Corps qui se construit. Là se trouve pour ainsi dire la substance, la réalité solide de l’histoire.

 

Gigue - J.S. Bach (1685-1750)

 

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« Lettre à mon corps » de Jacques Salomé. 
 
Bonjour mon corps. C’est à toi que je veux dire aujourd’hui, combien je te remercie de m’avoir accompagné depuis si longtemps sur les multiples chemins de ma vie.  Je ne t’ai pas toujours accordé l’intérêt, l’affection, ou simplement le respect que tu mérites. Souvent je t’ai même ignoré, maltraité, matraqué de regards indifférents de silences pleins de doutes, de reproches violents.  Tu es le compagnon dont j’ai le plus abusé, que j’ai le plus trahi. Et aujourd’hui, je te découvre, un peu ému avec tes cicatrices secrètes, ta lassitude, tes émerveillements et tous tes possibles.
Je me surprends à t’aimer avec des envies de te câliner, de te choyer, de te faire des cadeaux simples de dessiner des fleurs sur ta peau, de t’offrir Mozart, de te donner les rires du soleil, de t’introduire aux rêves des étoiles.  Mon corps,  aujourd’hui je veux te dire que je te suis fidèle pas malgré moi, mais dans l’acceptation profonde de ton amour.  Oui, j’ai découvert que tu m’aimais, que tu prenais soin de moi, que tu étais vigilant et étonnamment présent dans tous les actes de ma vie.  Combien de violences as-tu affrontées pour me laisser naître, pour me laisser être, pour me laisser grandir avec toi ?  Combien d’accidents as-tu traversés pour me sauver la vie ?  Combien d’abandons as-tu acceptés pour me laisser entrer dans le plaisir ?  Bien sûr il m’arrive parfois de te partager et même de te laisser aimer par d’autres, par un que je connais et qui t’enlèverait bien si je le laissais faire.
Mon corps, maintenant que je t’ai rencontré, je ne te lâcherai plus.  Nous irons jusqu’au bout de notre vie commune. Et quoi qu’il arrive, nous vieillirons ensemble.

 

Voi Que Sapete  - Amedeus Mozart (1756_1791)

 

 

Pierre Teilhard de Chardin. Le Milieu divin, Seuil, 1957 

 

Mon Dieu, il m’était doux, au milieu de l’effort, de sentir qu’en me développant moi-même, j’augmentais la prise que vous avez sur moi ; il m’était doux, encore, sous la poussée intérieure de la vie, ou parmi le jeu favorable des événements, de m’abandonner à votre Providence.
Faites qu’après avoir découvert la joie d’utiliser toute croissance pour vous faire, ou pour vous laisser grandir en moi, j’accède sans trouble à cette dernière phase de la communion au cours de laquelle je vous posséderai en diminuant en vous. Après vous avoir aperçu comme Celui qui est un « plus moi-même », faites, mon heure étant venue, que je vous reconnaisse sous les espèces de chaque puissance, étrangère ou ennemie, qui semblera vouloir me détruire ou me supplanter.
Lorsque sur mon corps (et bien plus sur mon esprit) commencera à marquer l’usure de l’âge; quand fondra sur moi du dehors, ou naîtra en moi, du dedans, le mal qui amoindrit ou emporte; à la minute douloureuse où je prendrai tout à coup conscience que je suis malade ou que je deviens vieux; à ce moment dernier, surtout, où je sentirai que je m’échappe à moi-même, absolument passif aux mains des grandes forces inconnues qui m’ont formé; à toutes ces heures sombres, donnez-moi, mon Dieu, de comprendre que c’est Vous (pourvu que ma foi soit assez grande) qui écartez douloureusement les fibres de mon être pour pénétrer jusqu’aux moelles de ma substance, pour m’emporter en Vous.
Oui, plus, au fond de ma chair, le mal est incrusté et incurable, plus ce peut être Vous que j’abrite, comme un principe aimant, actif, d’épuration et de détachement. Plus l’avenir s’ouvre devant moi comme une crevasse vertigineuse ou un passage obscur, plus, si je m’y aventure sur votre parole, je puis avoir confiance de me perdre ou de m’abîmer en Vous, – d’être assimilé par votre Corps, Jésus.
Ô Énergie de mon Seigneur, Force irrésistible et vivante, parce que, de nous deux, Vous êtes le plus fort infiniment, c’est à Vous que revient le rôle de me brûler dans l’union qui doit nous fondre ensemble. Donnez-moi donc quelque chose de plus précieux encore que la grâce pour laquelle vous prient tous vos fidèles. Ce n’est pas assez que je meure en communiant. Apprenez-moi à communier en mourant.  

 

Stabat Mater  - J.F. Pergolèse (1710-1736)

 

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Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926

 
 
 
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
 
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
 
Parfums éclos d’une couvée d’aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 

Roses et Papillons  - César Frank (1822-1890)

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De la Lettre à Diognète.

 

"Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou par les rêveries d’esprits inquiets ; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine. 

Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire.

Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois…On ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent… ceux qui les détestent ne peuvent pas dire la cause de leur hostilité.

En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite dans le corps, et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n’appartiennent pas au monde.

… Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter."

 

Vocalise  -  Gabriel Fauré (1845-1924)

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P. Stanislas scj  Fête du St Sacrement du 22 juin 2025

 

Faire corps … Tout le monde le dit, nous vivons une époque qui n'a pas son équivalent dans les époques antérieures de l'histoire. Nous sommes entrés dans l'ère numérique. Tout à coup, par exemple, quand vous vous asseyez devant un écran qui n'est jamais qu'une petite plaque en plastique avec des points lumineux, vous avez l'impression d'entrer en relation avec tout le savoir du monde. Le dénominateur commun de tout cela, c'est que lorsqu'on est en face de ces choses-là, nous sommes bel et bien présents de corps, d'yeux, d'oreilles, mais en face, nous n'avons que du plastique et des points lumineux ! La relation humaine c'est corps à corps. Or dans toutes les civilisations anciennes, un des éléments les plus fondamentaux pour montrer, manifester, mettre en œuvre notre présence corporelle les uns avec les autres, c'est le repas. Ce qui compte d'abord dans ce repas c'est "être ensemble". On fait corps. La première dimension du repas, c'est de faire corps les uns avec les autres. Aujourd'hui, nous avons un peu perdu cela, et cependant, il en reste inconsciemment quelque chose dans notre cœur et dans notre sensibilité. Le repas, c'est non seulement être ensemble, mais partager la même nourriture, et partager la même boisson, c'est le signe de la communauté de destin. Aujourd'hui, quand on fête l'eucharistie, bien sûr, on fête le signe du pain et du vin qui nous est donné. Mais fondamentalement, ce que Dieu a imaginé, et il fallait être Dieu pour imaginer cela, c'était de trouver le moyen de rassembler les disciples, de faire qu'ils soient "un", qu'ils fassent corps. C'est cela le sens de l'eucharistie. C'est l'intention, le désir de Dieu qui compte. Il veut lui-même être pain et vin, il veut être nourriture du repas pour que son corps nous fasse devenir corps. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'aujourd'hui et depuis vingt siècles, on peut continuer ce geste. Ce geste ne se fera jamais par Internet. Il n'y aura jamais d'eucharistie par Internet parce qu'il faut qu'on soit là. Il faut que notre corps soit nourri du corps du Christ pour faire corps ensemble et être l'Église.

 

 Derrière l’église - Maurice Ravel (1875-1925) 

 

Cassingena-Trévedy 

 

Ce n’est pas assez que le mot nature traîne en nous. L’on se souvient du mot fameux de Pascal : « L’homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant : telle est sa majesté sur laquelle, d’emblée, nous avions porté notre attention. Mais aussi un roseau sensible, un roseau sentant, et ceci aussi est sa majesté, pourvu que la sensation… s’épanouisse en action de grâce. Il ne s’agit donc pas seulement d’expliquer, pas seulement d’exploiter, mais de sentir, de recevoir l’Entier naturel comme un don…Il existe, j’en suis persuadé, un exercice chrétien dans …l’obéissance réfléchie aux grands rythmes pérennes, dans la coexistence pacifique avec tous les vivants…J’aime à descendre nu dans le vivier des eaux , à caresser un mystère affectueux sous le pelage animal, à m’exposer à l’averse des constellations, à construire le feu du bivouac comme la première pierre d’un âge d’homme, à coucher sur un lit de feuilles, dans une espèce de répétition des semailles ultimes de mon propre corps en cette terre obscure qui fera de ma poussière même une énergie. « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la mort corporelle… « Laudato si, mi Signore… Laudato si… »

 

Laudamus te - Antonio Vivaldi (1678-1741)

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Prière à Marie.

 

Marie, toi qui faisais corps avec ton peuple dans son attente du Messie, Toi qui as vécu cette attente dans ton jeune cœur de femme, Toi qui as répondu "Oui" au projet que le Seigneur voulait réaliser par toi C'est de ton corps que naîtra l'enfant Saint, le Fils de Dieu. Me voici pour apprendre de toi a faire "corps" avec le monde d'aujourd'hui Que je laisse crier en moi ses souffrances, ses attentes, ses espoirs. Et, si un appel précis m'est signifié, donne-moi de dire "Oui" comme toi pour laisser advenir le règne de ton Fils Je sus dans ce monde. Amen

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 Applaudissements et salutations

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Final : Orgue improvisation. Mgr Dupleix étant absent pour raison de santé, il a été parmi nous grâce à son improvisation faite l'an passé.

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